De l’écoute à la course : Nightline Run, le sport comme antidote à la dépression étudiante

De l’écoute à la course : Nightline Run, le sport comme antidote à la dépression étudiante


    Alors qu’un jeune sur cinq est touché par la dépression en France, l’association Nightline est persuadée que le sport est le meilleur moyen de les aider. La preuve en est avec la Nightline Run, une course festive, sportive et engagée, organisée ce 9 mars dans le 12e arrondissement de Paris, qui a réuni près de 400 étudiants. On y a nous aussi pris un dossard.

Gobelet à la NightlineRun - Photo : Eliott Mattern
Ligne d’arrivée, stade Pershing Paris 12e - Photo : Eliott Mattern

 

Étudiante en première année de médecine, Julie jongle au quotidien avec la pression académique et le stress de l’isolement social. C’est pour elle, ainsi que pour tous les étudiants en quête de bien-être que la Nightline Run prend tout son sens.

Un environnement convivial au cœur du bois de Vincennes, des ateliers sportifs, des stands associatifs, une fanfare, un cours de zumba et une piste de course : telle était la recette du succès du premier événement en plein air de Nightline. Loin des pistes d’athlétisme du stade Pershing, l’association est en temps normal une ligne d’écoute faite par et pour les étudiants. Fondée en 2016 et soutenue nationalement par le ministère de l’Enseignement supérieur et le ministère de la Santé, elle s’inspire du modèle anglo-saxon des services d’écoute de nuit nés dans les années 70.

« Pour la santé mentale, aucun levier n’est plus efficace que le sport », assure Victoire B, bénévole de l’association Nightline. À côté du stand de basketball gonflable, elle explique entre deux blagues que la pratique sportive est une de ses premières préconisations aux jeunes en situation de difficulté faisant appel à Nightline. « Le corps humain est un ensemble et prendre soin de son corps est essentiel au bien-être mental, surtout pour les étudiants ».

Ses propos trouvent écho dans l’étude renommée "Physical activity and the prevention of depression: a systematic review of prospective studies" (Mammen & Faulkner, 2013). En effet d’après ce rapport, l'engagement régulier dans une activité physique réduit le risque de développer une dépression majeure au fil du temps, quelle que soit l’intensité de l’activité. C’est un argument de taille en faveur du sport comme outil favorisant une bonne santé mentale.

« Pour la santé mentale, aucun levier n’est plus efficace que le sport »

Cette idée semble aussi partagée par la foule, puisque plus de 2200 km ont été couru dans la journée pour l’association. Grâce à leurs sponsors, un euro était reversé à Nightline pour chaque kilomètre. Alexandre, chargé de mission événementielle, se réjouit de ce succès « cette somme [2230 €] dépasse nos attentes, on ne pensait pas avoir autant de coureurs ».

Stand de basketball gonflable - Photo : Eliott Mattern

Un peu plus loin, un membre de la FFSU (Fédération Française de Sport Universitaire) conseille un groupe de jeunes qui tente de jouer au Spike Ball. C’est le sourire aux lèvres qu’Arthur, grand frère de Julie, découvre ce sport d’équipe inspiré du volley-ball qui se joue avec une balle et un filet circulaire ressemblant à un trampoline. « Ils [Nightline] ont énormément aidé ma sœur, alors j’ai trouvé normal de venir aujourd’hui et de courir pour les soutenir », affirme-t-il.

C’est avec Julie et un groupe de trois amis qu’il a participé à la course caritative, sans être au courant du reste des ateliers de l’événement. « On pensait seulement courir 7-8 kilomètres pour l’asso et rentrer chez nous, mais finalement, on est resté toute l’après-midi ». Pour les jeunes comme pour les organisateurs et bénévoles, la Nightline Run est un moment de plaisir.

Aux alentours de 17h30, la météo s’assombrit et les gouttes rapatrient l’ensemble des participants sous les tentes des différentes associations. C’est l’occasion pour tous de les rencontrer. Les participants découvrent une à une Cop1, 3114, Colina, Psycom et quelques autres. Ces associations, militantes pour la santé mentale, sont présentes pour sensibiliser, gagner de la visibilité, mais aussi recruter. D’un côté une discussion profonde entre psychiatre et étudiants, de l’autre des abonnements Instagram sont échangés contre des Pom’Potes, chacun y trouve son compte. La nuit tombée, la journée se terminera avec un atelier de respiration régénérante, accompagné d’encas offerts par Nightline.

Si vous avez manqué cette journée festive, mais que vous souhaitez tout de même jouer un rôle dans l'amélioration de la santé mentale étudiante, c’est le moment de vous engager ! Rendez-vous le 6 avril avec vos plus belles baskets pour le challenge connecté Nightline Run. Grâce à l'application Kiplin, chaque kilomètre parcouru se traduira par un euro versé à l'association Nightline. Il vous suffit de quelques foulées pour y contribuer !


Sources : Santé Publique France, nightline.fr, National Institute of Health (US)

Reportage par Eliott Mattern 




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